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Un musée du souvenir pour le village des Justes du Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire

Le Chambon-sur-Lignon, seul village français honoré du titre de «Justes», ouvre un musée du souvenir. Un lieu de mémoire pour de «modestes héros» qui ont résisté et sauvé plus d’un millier de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

  • France3 Auvergne avec AFP
  • Publié le 03/06/2013 | 10:43, mis à jour le 03/06/2013 | 18:45
Avec Le Chambon-sur-Lignon, c'est l'ensemble du plateau de cette région de Haute-Loire qui s'est mobilisé. A Tence, les habitants ont caché dans leurs fermes des enfants et des adultes juifs, pourchassés par le régime de Vichy et les nazis. © Gérard Rivollier
© Gérard Rivollier Avec Le Chambon-sur-Lignon, c'est l'ensemble du plateau de cette région de Haute-Loire qui s'est mobilisé. A Tence, les habitants ont caché dans leurs fermes des enfants et des adultes juifs, pourchassés par le régime de Vichy et les nazis.
A mille mètres d’altitude, les habitants de ce village protestant ont été très tôt «alertés» sur les dangers du nazisme, raconte Aziza Gril-Mariotte, chargée du lieu de mémoire du Chambon-sur-Lignon qui ouvre en juin dans une aile de l’école du village, avec des témoignages vidéos et des salles thématiques.

Les historiens expliquent que ce village protestant de Haute-Loire a une longue tradition d’accueil et de résistance. Dès la fin des années 30, des Républicains espagnols fuyant le franquisme, anti-nazis exilés d’Allemagne ou d’Autriche sont les premiers réfugiés. Arrivent ensuite des juifs de plusieurs nationalités, toujours plus nombreux. Ils sont d’abord hébergés puis, face au danger de la déportation à partir de 1942, cachés ou exfiltrés, notamment vers la Suisse. Plusieurs centaines d’enfants, aujourd’hui disséminés dans le monde, seront ainsi sauvés.

Trois pasteurs ont initié le mouvement de «résistance civile», nourri de résistance spirituelle, qui poussera instituteurs, fermiers, médecins, commerçants, propriétaires d’hôtels ou domestiques à organiser spontanément ce sauvetage collectif. Au moins un millier de juifs - plus de mille noms ont été identifiés à ce jour par les historiens, 3.000 si on compte les réfugiés de passage - ont été sauvés par les habitants du Chambon-sur-Lignon et des communes environnantes, leur valant en 1990 le titre collectif, unique en France, de "Justes parmi les Nations" décerné par l’Institut israélien Yad Vashem.
Parallèlement, quatre-vingt Justes du Chambon ont été honorés à titre individuel, dont les derniers sont décédés au début des années 2010.

«Au moment où la tradition orale par les anciens s’évanouit peu à peu, nous nous devions de préserver l’histoire de ce passé exceptionnel pour le transmettre aux jeunes générations», insiste Eliane Wauquiez-Motte, maire de la commune qui se félicite que le lieu de mémoire mette surtout en valeur des archives personnelles et des témoignages.

Une mobilisation exceptionnelle

L'accueil de réfugiés et de persécutés n'a pas seulement concerné Le Chambon-sur-Lignon. C'est en fait l'ensemble du plateau Vivarais-Lignon, à la limite de la Haute-Loire et de l'Ardèche, qui s'est mobilisé pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Le camp d'internement de la papeterie de Tence a également accueilli 130 anti-nazis et juifs.Il ne reste aujourd'hui que quelques pierres de taille de l'ancienne usine, transformée en camp d'internement. En juillet 1940, des allemands et des autrichiens, des anti-nazis, juifs pour la plupart, sont arrivés, internés par le régime de Vichy. Le camp ne fonctionnera que quelques mois. En octobre 1940, le gouvernement de Vichy promulgue le statut des juifs. Ils sont alors pourchassés. Les habitants autour de Tence n'hésiteront pas à les cacher. Un « arbre de la mémoire » célèbre ces actes d'héroïsme individuels et collectifs.

La résistance du village de Tence (43)
Au delà du Chambon-sur-Lignon, c'est tout le plateau de cette région de la Haute-Loire qui s'est mobilisé. A Tence, les habitants ont caché dans leurs fermes des enfants et des adultes juifs pourchassés par le régime de Vichy et les nazis. Reportage Gérard Rivollier et Sandrine Montéro.

 

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